Citoyenneté active

De la compensation à la transformation, de l’individuel au collectif, des éco-gestes au projet de société.

Si vous décidez de diminuer vos émissions de Co2, vous aurez le choix entre différents types d’actions. Vous pourrez soit agir en tant que consommateur, c’est-à-dire au niveau individuel, soit en tant que citoyen, c’est-à-dire collectivement (au niveau politique).

Les éco-gestes individuels, c’est bien ! Si tout le monde se met à faire des petits efforts, on contribue (très) modestement à une réduction totale des émissions de CO2, et on envoie un message à nos politiques et aux entreprises pour qu’ils soutiennent et généralisent nos petits efforts.

Cependant.

Les éco-gestes individuels ne permettent pas, à eux seuls, ni d’atteindre une empreinte écologique viable, ni de changer le monde dans lequel on vit.

Pourquoi ? Prenons l’exemple de la carotte bio du « supermarché ». Tout d’abord, toute bio qu’elle soit, elle a un bilan carbone aussi lourd que la carotte pas bio du « supermarché ». En effet, elle est sur-emballée (l’emballage à lui tout seul annule le bénéfice engendré par le procédé de culture), elle bénéficie des infrastructures (l’éclairage, le refroidissement, etc.), et elle vient parfois de loin. Ensuite, et surtout, elle ne remet pas en cause en profondeur le système agro-industriel, en lui-même polluant et injuste.

Bref, on a beau accumuler nos éco-gestes quotidiens individuels (compost, repas sans viande, panneaux solaires, transport en commun et autre), nous sommes loin d’une empreinte écologique viable et on ne voit pas le monde changer.

Attention. Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter nos efforts ! Que du contraire ! Mais essayons de leur donner une dimension collective, et entrer par là dans la sphère du politique, et donc du changement.

Reprenons l’exemple de la carotte bio… on peut aussi l’acheter au travers d’un GASAP (groupe d’achat solidaire avec l’agriculture paysanne). Cette formule permet à la fois de manger un produit sain, de permettre à des petits agriculteurs locaux (qui n’ont pas accès à la grande distribution) de subvenir aux besoins de leur famille en achetant leur production, de respecter l’environnement, de soutenir la biodiversité et d’être solidaire avec les petits agriculteurs du «Sud ». Ici, on entre dans la sphère du collectif et du changement.

Le GASAP n’est bien entendu qu’un exemple… pensons aussi aux vastes champs de l’économie sociale, des SEL (système d’échange locaux), du plaidoyer politique, des habitats groupés, des quartiers durables, de la désobéissance… il y en a pour tous les goûts.

Tout cela veut dire quoi ? Promouvoir le changement social de manière cohérente, c’est avant tout réussir à intégrer son engagement dans une démarche collective et accompagner cette dernière d’une conscience politique. Les individus isolés, d’aussi bonne volonté qu’ils soient, ne parviennent pas à changer le système dans lequel ils vivent. Par contre, faire se rencontrer les bonnes volontés, les visions, les projets de société, les conjuguer ensemble dans l’espace public, les clamer à haute voix et les mettre en œuvre localement, tout cela porte les prémices d’un monde meilleur !